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Stay Hungry, Stay Foolish

Stay Hungry, Stay Foolish

par Elise le 19 déc. 2016

Rencontre avec Isabelle BARTH, une femme inspirante aux triples vies!

Vous avez un profil hors nome, vous êtes aujourd'hui professeur des universités et chercheur en management, après 10 ans en entreprise, pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours ?

Je n’ai jamais eu de « plan de carrière », j’ai toujours avancé par projet et envie, en saisissant les opportunités qui s’offraient à moi. Ma vie personnelle a aussi beaucoup eu d’influence puisque j’ai eu 6 enfants, ce qui implique autant d’interruptions pour congés maternité, et surtout, ce qui était très important pour moi, de garder du temps pour pouvoir m’en occuper. Après une école de commerce (celle de Lyon), il était naturel de rejoindre l’entreprise, mais au bout de quelques années, j’avais envie d’autre chose intellectuellement. J’ai donc rejoint l’université et fait un DEA tout en travaillant (et enceinte de mon 3ème enfant) puis un doctorat (toujours en travaillant avec 4 enfants en bas âge) que j’ai soutenu en 1994. J’ai alors fait le choix de rejoindre l’université comme Maître de Conférences pour avoir un métier passionnant et du « temps choisi » afin de concilier vie professionnelle et vie personnelle. J’ai ensuite évoluer au sein de l’Université avec le diplôme d’habilitation à Diriger les Recherches en 2004 et l’agrégation des Universités en 2005. Bref, une triple vie !

Votre expérience dans le privé vous aide-t-elle à mieux comprendre les problématiques de management au sein de l'entreprise ? C’est une évidence ! Toutes mes expériences en entreprises ont stimulé ma curiosité pour le management et m’aident à mieux comprendre les attentes du monde du travail. Je dis bien toutes mes expériences : GO au Club Med au Mexique, comme chef d’entreprise au Congo ou bien consultante à Lyon, comme tous les petits boulots que j’ai faits pendant mes études. C’est pour cela aussi que je me définis comme une « chercheuse en société » et que je mène mes recherches selon la méthode de recherche-action. L’objectif pour moi est de « faire bouger les lignes du management » et d’aider les entreprises à affronter les changements qui s’imposent à elles.

Votre blog s'intitule Cracking the Management Code, pouvez-vous expliquer à nos lecteurs en quoi consiste-t-il ? Ce blog, comme son nom l’indique essaie de « craquer » le code du management, mon objectif est mobiliser mon expérience de chercheuse et de manager pour mieux comprendre ce qui se passe dans les entreprises. J’adosse toujours mes analyses à mes recherches, je peux traiter de l’impulsion d’achat, de la conciliation vie privée/vie professionnelle, mais aussi des viols sur les campus ou de la joie de conduire une recherche doctorale. J’ai la même démarche sur linkedin avec des formats plus courts mais avec toujours l’idée d’amener les lecteurs à penser, quand penser c’est souvent désobéir ! se poser des « pourquoi » plutôt que des « comment ».

Votre dernier ouvrage s'intitule "Désapprendre pour réussir", il faut déconstruire ce que l'on sait pour se développer ? Ce petit ouvrage est le prolongement de mes blogs : on dit souvent qu’il n’y a rien de plus utile qu’une bonne théorie. Dans ce livre, je prends un problème comme « Pourquoi est-il-impossible de réformer l’université ? » et je propose un filtre théorique pour répondre à la question. En l’occurrence, la théorie des clans.Désapprendre, ce n’est pas tout oublier, c’est accepter que, dans un monde qui change, il faut voir le savoir et la connaissance comme un réarrangement permanent.

Quel conseil donneriez vous à un jeune manager qui débute ? Justement, de comprendre qu’il doit toujours être en position d’apprendre, de désapprendre et de réapprendre. Je lui conseillerai aussi d’apprendre de ses erreurs et de ses échecs car l’échec est apprenant. J’aime aussi cette phrase que Steve jobs avait adressé à des étudiants américains : « Stay hungry, stay foolish ! », il faut toujours garder un petit grain de folie !