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Lettre à Serge, un amoureux de calligraphie

Lettre à Serge, un amoureux de calligraphie

par Camille le 15 févr. 2016

Amateur d’un art unique et trop peu connu, la calligraphie, Serge Cortesi partage avec nous (et avec talent) cette passion et tout son savoir sur son site lamaisondelacalligraphie. Entre histoire de la calligraphie, stages et bientôt boutique en ligne, c’est un blog qui bouge et qu’on vous recommande !

Bonjour Serge, racontez-nous ce qui vous vous passionne autant dans cet art si particulier qu’est la calligraphie ?

Ce qui me passionne avant tout dans la calligraphie, c’est créer à la main une pièce unique. Par exemple, calligraphier le nom d’un ami sur une enveloppe confère au message une marque d’attention qui n’a pas la même résonance qu’un message électronique. Les écrits restent. D’autant plus qu’ils ont une dimension artistique. Par ailleurs, l’étude de la calligraphie latine est un voyage à travers le temps. 2500 ans d’histoire et de nombreux alphabets aux formes diverses et variées jalonnent cette période. Cette passion remonte à l’adolescence et à la visite d’une exposition de manuscrits à la bibliothèque Laurentienne à Florence. Par la suite, j’ai appris avec un professeur. J’ai découvert que le temps pouvait s’arrêter dès lors que l’on s’assoit à une table pour écrire. La pratique de la calligraphie oblige à respecter un rythme, une respiration. On ne peut pas brûler les étapes. À l’heure du virtuel, où le temps et les distances sont abolis, s’exercer à la calligraphie offre une pause bienvenue.

L’apprentissage est très normé, on ne part pas dans l’inconnu. On s’appuie sur des planches pédagogiques précises où tout est indiqué ! Dans les cours, outre les planches didactiques détaillées, j’appuie mes explications par des démonstrations afin de permettre à l’élève de visualiser et de mémoriser les gestes des tracés. Ensuite, on peut aborder des aspects plus libres en jouant avec les outils, les couleurs et les matières. Chacun peut alors exprimer sa créativité.

J’aime m’installer à ma table, choisir un papier, préparer outils et couleurs avant de calligraphier. Il faut souvent recommencer pour progresser. Mais quelle satisfaction quand, enfin, on parvient au résultat désiré !

Avez-vous réussi le pari magique de lier passion et métier ?

Je suis aussi graphiste indépendant, mais bien sûr, spécialisé dans la lettre. Je crée des marques, des identités visuelles, des alphabets d’entreprises. Cela a souvent à voir avec la calligraphie. J’ai créé, par exemple, la police de caractères de la marque Bonne Maman qui est employée sur tous les packagings… Toutefois, les activités de “La Maison de la Calligraphie” me prennent de plus en plus de temps et j’en suis heureux. Il est prévu que d’ici peu, cela devienne mon activité principale. En effet, j’aime enseigner la calligraphie et transmettre mon savoir. Nous souhaitons avec José Ruiz, cofondateur du projet, lui-même designer, créer des objets originaux pour la calligraphie sous forme de coffrets cadeaux. Nous sommes en phase de développement et dans quelque temps nous ouvrirons une boutique en ligne. Je travaille aussi sur l’histoire de la calligraphie pour faire connaître et partager cet aspect de notre culture. Cela est déjà visible sur le site internet dans la partie “Histoire”.

Quel conseil donneriez-vous à ceux qui ne pratiquent pas leur passion faute de temps ?

Accaparé par le quotidien, il n’est pas évident de se réserver du temps pour une passion… On a tendance à laisser de côté ce qui ne semble pas indispensable. Pourtant, je crois que vivre nos passions est vital pour notre équilibre. Il faut pour cela un engagement fort, considérer cette activité comme incontournable, organiser son emploi du temps en fonction, payer une inscription s’il le faut. Il faut de la volonté pour ne pas se laisser happer entièrement par le tourbillon de la vie. La récompense est que la vie est bien plus agréable quand on arrive à se réserver ces moments.