Dans les petits papiers de Fifi Mandirac

Dans les petits papiers de Fifi Mandirac

DDB, Saatchi, Publicis… Fifi Mandirac a fait ses gammes au sein de premières agences avant de se lancer et fonder sa propre marque de papeterie, Fifi Mandirac. Une audace récompensée puisque sa gamme s’étoffe avec succès au fil des années. Affiches, cartes postales, papiers imprimés, rien ne résiste à cette graphiste de formation. Avec plusieurs ouvrages aux Editions Hachette et Gallimard, Fifi Mandirac continue de dépoussiérer les codes de la papeterie avec son esthétique moderne et colorée. Rencontre avec cette Marseille d’adoption.

Fifi, tu as eu une première vie professionnelle avant ton expérience entrepreneuriale, peux tu nous raconter ton parcours ?

Mon expérience en agence de publicité n’a duré que 3 ans. Je savais que je n’avais pas envie de faire ça. Mais lorsque j’ai passé mon diplôme de fin d’études un membre du jury m’a proposé de m’embaucher tout de suite. J’y suis allée un peu à reculons mais en mesurant ma chance… et comme prévu, je n’ai pas trop aimé ça ! La vie en open space, la cantine, les jours de congés à poser à l’avance, les collègues, les pots de départ, tout ça, je me sentais en cage dans cette vie d’entreprise… je dois être un peu asociale ! Mais surtout je trouvais que les intervenants étaient trop nombreux sur un seul projet, qui n’était en soit même pas forcément excitant -je travaillais sur des campagnes de téléphonie mobile, de voitures, d’assurances. Bref, c’était pas mon truc, et après avoir persisté en changeant 3 fois d’agences, j’ai choisi une autre voie...

Tu as fondé ta propre marque de papeterie, tu peux nous raconter quelle était ton idée de départ ?

Ma toute première idée était de faire des faire-parts, parce que je voulais travailler avec des particuliers, et des gens heureux… rien de mieux pour ça que d’annoncer des naissances et des mariages ! Les faire-parts -particulièrement ceux de mariage- sont l’occasion de décliner tout un univers allant de la papeterie à la décoration. Une sorte d’identité visuelle personnelle… Mais très vite, ceux qui n’avaient rien à annoncer m’ont réclamé de travailler pour eux aussi. C’est comme ça que j’ai commencé à créer des cartes, des carnets, des cahiers, des affiches…

En tant qu’entrepreneuse créatrice, quelles sont les principales difficultés auxquelles tu as du faire face ?

La solitude ! Surtout au début : je ne connaissais pas les démarches administratives, les aides et subventions possibles. Du coup, je me suis débrouillée toute seule comme je pouvais, mais je pense que j’aurais apprécié d’échanger. Mais je dois dire qu’à part cette difficulté, quand j’ai commencé, ce qui était plus facile que maintenant c’est qu’il y avait beaucoup moins de concurrence ! J’ai été une des premières créatrices en papeterie et les portes s’ouvraient beaucoup plus facilement. J’ai commencé au bon moment !

Comment fais-tu pour te former aujourd’hui et continuer à monter en compétences ?

Je pratique ! Une envie de création me pousse souvent à aller chercher les solutions techniques.

Tu étoffes constamment tes gammes de nouveaux produits, comment fais-tu pour trouver de nouvelles idées et alimenter ta créativité ?

Je l'alimente en regardant autour de moi. Tout, et pas forcément dans le même domaine que moi, au contraire ! J’aime beaucoup la photo, l’architecture, le cinéma… Tout ce que « j’ingurgite » est utile, et se reflète d’une façon ou d’une autre dans mes créations, même si je ne m’en pas forcément compte tout de suite ! Même ma vie personnelle m’inspire sans que je le réalise. Je l’ai constaté avec ma série d’affiches « Messages » qui est reflète les questionnements que je traverse… mais attention, l’inspiration ne sert à rien si elle n’est pas accompagnée de travail !

Pinterest, Facebook, tu es très active sur les réseaux sociaux, quels rôles-ils dans ton travail ?

Je suis surtout active sur Instagram. J'y publie spontanément sans aucune démarche de marketing… Je publie ce que j’ai sous les yeux, quand je l’ai sous les yeux. Jamais après. Ce qui fait de mon feed une sorte de journal intime assez pudique. Je suis souvent la seule à savoir à quoi, quand, qui correspond une photo, quel est le souvenir qui y est attaché… Ceux qui me suivent finissent par y voir mon inspiration, parfois même avant moi.

Au sujet de Pinterest, je dois dire que je vais de moins en moins qu’au début. Ça me m’intéresse pas tellement qu’on me propose des choses semblables à ce que j’ai déjà épinglé auparavant… Mais ce réseau reste très pratique pour rassembler des idées ou pour faire connaître son travail.

As-tu des « comptes coups de coeur » que tu nous recommandes ?

J’adore le blog Messy Nessy Chic, toujours surprenant ! Et j’aime aussi beaucoup le compte Instagram de Virgin Honey, à la fois drôle et poétique...

Quels conseils donnes-tu à un débutant qui souhaite suivre tes pas ?

De ne pas suivre les pas de qui que ce soit, de créer son propre chemin ! Et de le faire avec passion...

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