Hacke ton bureau avec Fréderic Bedin de HopScotch

Hacke ton bureau avec Fréderic Bedin de HopScotch

Entreprise libérée, flex-offices, télétravail… plus que jamais de nouvelles formes de travail émergent. Crédit Agricole, Orangina Schweppes, Sanofi-Aventis, nombreux sont les grands groupes qui tentent d’instaurer de nouvelles stratégies de management plus ouvertes et moins hiérarchiques, faisant la part belle à des espaces de travail collaboratifs et décloisonnés. Buzz ou tendance de fond ? Nous sommes partis à la rencontre de Frédéric Bedin, co-fondateur et président du directeur du Groupe Hopscotch.

Les modes de travail font leur révolution, quelles sont les grandes tendances que tu observes actuellement ?

Le principal changement est que la technologie a libéré les collaborateurs du rattachement physique à une prise dans le mur, du coup les organisations peuvent s’inventer autour du métier de l’entreprise, du client, du bien-être de tous, et non en fonction des fils électriques !

61% des salariés privilégient le bonheur et le bien être au travail, plutôt que le salaire, dans quelle mesure ce renversement de priorité impacte l’entreprise ?

C’est du déclaratif…et cela fait bien de le dire. Mais effectivement le salaire n’est qu’un des critères pour choisir un job avec l’emplacement, le projet, l’équipe, le titre, le prestige…

Tu as l’habitude de dire que « l’entreprise du futur est une ruche ouverte sur l’extérieur », tu peux nous en dire plus ?

Je crois fondamentalement à l’importance des locaux pour faire exister un projet d’entreprise, un immeuble ou une grappe de bâtiment, ou une répartition sur un territoire de petites entités sont des choix majeurs de construction d’un business. En revanche je ne crois pas aux entreprises étanches. L’avenir est aux organisations poreuses, entre vie privée et vie professionnelle, entre clients et fournisseurs, entre start-up et grands groupes. Du coup il faut donner envie à tous de considérer votre entreprise comme la meilleure destination pour « faire société » en y donnant l’impression de liberté. Être physiquement ensemble est le meilleur moyen pour générer des synergies, mais aujourd’hui chaque personne est au centre d’un nuage relationnel unique qui dépasse les murs de l’entreprise.

Sur les 800 collaborateurs d’Hopscotch et personne n’a de bureaux attirés, comment fonctionne le nomadisme chez toi ?

En arrivant le matin on se rend dans son quartier où se trouve son casier. Si je cherche quelqu’un je peux aussi aller dans son quartier qui est un open space comprenant au maximum 50 casiers pour environ 40 postes de travail. Dans l’idéal on change de place plusieurs fois dans la journée. Il y a des vestiaires et porte manteaux pour éviter le syndrome de la veste sur le dossier qui bloque un espace pour rien. Apres nous avons multiplié les salles de réunions et espaces de travail différents (lounges, cuisines, terrasses, cabines téléphoniques etc…) afin de pouvoir s’isoler facilement pour un coup de fil, une discussion entre collègues ou une phase de concentration. Seulement 10% des salles ont un système formel de réservation, l’idée étant de maximiser la fluidité.

Quelles sont les limites à cette souplesse ?

Nous devons encore rendre plus mobiles les créatifs qui travaillent souvent en multi écran et sur des ordinateurs qui ont des configurations particulières, mais sinon il n’y a pas de limite au développement de cette organisation. C’est même vraiment très agréable, physiquement, humainement, et organisationnellement.

Comment éviter l’écueil du gadget (babyfoot, toboggan à la Google) et réellement transformer les modes de travail en profondeur ?

Nous avons envoyés les babyfoot à la cave parce que ça faisait trop de bruit ! Mais avoir des lieux de vie dans les bureaux comme des cuisines, salle de repos, salons façon living room… c’est vraiment un élément de bien être. Nous avons fait une boite de nuit salle de musique, on peut y faire aussi des réunions, des brain storming ou des cours de Yoga.

Quels sont les quelques sites dont l’approche t’a le plus marqué par son caractère innovant ?

Je trouve que souvent, les bureaux très design sont un peu froids, et que même les grands noms de la tech ont chacun conservé un élément un peu old school, comme des bureaux fixes pour certains collaborateurs voire pour le patron. Si on cherche l’inspiration, il faut picorer toutes les bonnes idées pour fabrique un espace de liberté totale au service des clients et des collaborateurs.

Pouvez-vous nous présenter comment fonctionne le programme Revolution@Work dont tu es à l’initiative ?

Nous avons imaginé R@W avec Marie Célie Guillaume de Defacto, pour décloisonner les métiers impliqués dans le travail du futur ; architectes, urbanistes, CTO, DRH, Services généraux, sociologues, éditeurs de logiciels, constructeurs de mobilier, de devices techno, et…l a qualité des échanges, tout au long de l’année et pendant l’événement de Novembre, nous a montré que c’est vraiment utile et que cela génère innovations, business et enthousiasme.