Power Women : Julia Tissier, décodeuse de Géneration Y

Power Women : Julia Tissier, décodeuse de Géneration Y

Digital natives, Generation Y, Millenials, les vocables ne manquent pas pour parler de cette nouvelle génération qui bouscule le monde du travail avec ses nouveaux usages et ses nouvelles attentes. Connectée, startup-friendly, en quête de sens… pour mieux comprendre cette génération, nous sommes parties à la rencontre de Julia Tissier, rédactrice en chef de Cheek Magazine et coauteure de la génération Y par elle-même.

Cofondatrice et rédactrice en chef de Cheek Magazine, coauteure de La Génération Y par elle-même et de Y comme Romy … Peux-tu nous raconter ton parcours ?

Après une maîtrise de droit franco-allemande, j’ai fait une école de journalisme. J’ai commencé au journal Libération comme journaliste société avant de travailler au magazine féminin Be. En 2013, j’ai cofondé, avec Myriam Levain et Faustine Kopiejwski, Cheek Magazine, le pure player féminin et féministe de la génération Y.

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Est-ce que le concept de Génération Y est un nouveau buzz word ou un vrai phénomène ?

Ni l’un ni l’autre je pense, c’est simplement une manière de désigner une génération, ces jeunes nés dans les années 80-90. Ce n’est pas nouveau, cela avait déjà été fait avec les baby boomers.

Quels sont les traits de cette fameuse génération ?

Ils sont nombreux, même si, évidemment, cette génération est complexe et hétérogène ! D’abord, ils ont grandi avec Internet, une révolution technologique comparable à la Renaissance selon Michel Serres, ce sont des digital natives. Ils ont été élevés sur fond de crise économique et ont, une fois adultes, été très vite confrontés à la précarité dans le monde du travail. Ils ont de fortes capacités d’adaptation et recherchent avant tout un épanouissement personnel.

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Quelle est leur perception du monde du travail ?

Beaucoup d’entre eux ont vu leurs parents licenciés, être au chômage, ils ont été désillusionnés très vite. Confrontés à la précarité, ils n’envisagent pas leur parcours professionnel comme une carrière linéaire, ils changent d’entreprise, montent la leur ou exercent plusieurs métiers. Ils sont avant tout en quête de sens et de bien-être personnel.

Penses-tu que l’entreprise peut répondre aux nouvelles attentes de la Génération Y ?

L’entreprise commence à comprendre qu’il y a un problème avec ses salariés millenials, qu’elle a souvent du mal à retenir. Si elle est plus horizontale dans son organisation, qu’elle arrive à saisir leurs motivations, qu’elle leur accorde davantage de flexibilité (par exemple, le télétravail), alors oui, elle répondra à leurs attentes.

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Cheek Magazine cultive une identité bien à part, comment as-tu réussi à t’adresser à cette génération ?

Les trois cofondatrices de Cheek Magazine sont issues de cette génération donc la façon dont on s’adresse à nos lectrices et nos lecteurs est assez instinctive, on le fait de la manière dont on aimerait qu’on s’adresse à nous !

Des projets dans les cartons en 2018 ?

Cheek Magazine va développer des podcast société et culture ainsi que davantage d’évènements IRL pour faire vivre la communauté autrement que sur le Web.

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