Confession d’un enfant du web

Confession d’un enfant du web

Le clavier jamais loin et l’inspiration au tournant, Valentin Blanchot figure parmi les fondateurs du très réussi Siècle Digital. Ce mordu du social media manie l’art de la curation et de la veille sur le bout des ongles. Tête à tête avec un Millennial bien dans son époque…

Community manager, Consultant en innovation, journaliste… tu cumules les casquettes ! Peux-tu nous raconter ton parcours ?

Beaucoup de casquettes, mais toutes me ramènent aux nouvelles technologies et au digital. En école de communication, j’ai eu la possibilité de faire de l’alternance dès la licence. C’est grâce à mes missions que j’ai découvert ces univers car durant les cours, nous abordions très peu les thèmes du marketing digital ou des réseaux sociaux.

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Ma première expérience s’est déroulée au sein des restaurants Vapiano où je m’occupait du social media pour toute la francophonie. On était en 2013, c’était le “début” des réseaux sociaux et il y avait beaucoup à faire ! J’ai eu la chance d’avoir un sujet hyper sexy et facile à maitriser… Les restaurants avaient un super concept, et beaucoup de contenu à repartager. Malheureusement, la prise de conscience de l’importance des réseaux sociaux n’était pas encore partagée par ma direction et en dépit de mes recommandations, je n’ai pas poursuivi sur une deuxième année d’alternance.

Un mal pour un bien puisque j’ai eu la chance d’intégrer le département innovation du groupe Casino. En tant que consultant innovation, si je simplifie à l’extrême, j’étais payé pour lire et récolter le plus d’informations sur les nouvelles technologies pour la distribution… C’était génial ! Parfois pas simple d’apprendre comment fonctionnent les technologies de positionnement en intérieur, ou lister autant de startups que possible sur tel ou tel service, mais j’ai beaucoup appris….

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Enfin, j’ai fait un passage chez GL events pour ma dernière année où j’étais en charge des réseaux sociaux et de la gestion de sites internet de 4 salons.

Quelle est l’histoire du Siècle Digital ?

Ce sont ces expériences qui ont m’ont guidé jusqu’à Siècle Digital. J’ai commencé par faire beaucoup de veille pour rédiger mon premier mémoire de fin d’année en licence, et je me suis rendu compte qu’il manquait un média francophone pour parler de sujets généraux liés au numérique. Alors je me suis dit … pourquoi pas ?

En discutant avec un ami (Arnaud Verchère) on s’est dit qu’on allait faire ça tous les deux, et c’est là que tout a commencé, avec une requête Google toute bête : installer wordpress sur 1&1. Étant étudiant, on avait l'envie de rendre le numérique accessible à tous et pas qu’aux professionnels. C’est devenu notre leitmotiv : les sujets inhérents au numérique ne doivent pas être compris que par ceux qui les maitrisent. Que l’on parle de big data, d’une biotechnologie, ou d’intelligence artificielle, tout le monde doit obtenir une information de qualité, avec un niveau de lecture adapté.

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On a débuté un peu sans trop savoir où on allait. Des amis ont commencé à écrire avec nous, puis des amis d’amis, puis des personnes que l’on ne connaissait pas directement. Nous avons fonctionné de façon collaborative pendant environ deux ans. Ceux qui étaient étudiants ne l’ont plus été et n’ont plus eu autant de temps pour écrire. D’autres se sont lassés.

Au bout de deux ans, ayant fini mes études j’avais le choix entre trouver un emploi assez confortable grâce à mes trois années d’alternance et un BAC+5, ou poursuivre Siècle Digital. Bien évidemment, j’ai choisi la voie la moins simple, mais celle où je pouvais vivre de ma passion, et c’est là que tout à vraiment commencé pour le site.

De deux à trois articles par semaine, nous sommes passés à 4 à 5 par jour. Le trafic a très vite progressé de même que le nombre d’abonnés sur les différents réseaux sociaux. Finalement, en octobre 2016, nous nous sommes associés avec Arnaud pour lancer Shine Media, la société qui possède désormais la marque Siècle Digital.

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Lancer son media web en 2013, c’était un pari risqué dans un univers saturé de concurrents de tout genre, non ?

C’est vrai qu’il y avait beaucoup de concurrence et ce qui ne nous a pas avantagé, c’est que nous sommes arrivés après la vague de ‘likes’ sur Facebook où tout le monde s’est mis à suivre de nombreuses pages. D’ailleurs ce handicap nous a poussé à trouver d’autres leviers et maintenant on a deux fois plus de personnes qui nous suivent sur LinkedIn que sur Facebook.

Pour revenir à la concurrence, y en a toujours, beaucoup de sites proposent de l’information sur les thématiques que nous traitons. Par contre, nous avons un mélange de sujets et une façon de traiter ou présenter l’information qui est unique. On veut constamment faire en sorte que notre lecteur reparte avec quelque chose, qu’on lui donne une analyse qui est la nôtre, mais qu’il puisse aussi se l’approprier. Et pour être tout à fait honnête, on ne regarde presque jamais ce que fait la concurrence car on ne voit pas d’éléments de comparaison.

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Data, 3D, CM… ton parti pris est volontairement très éclectique. Comment résumes-tu ta ligne éditoriale ?

Ma ligne éditoriale est à mon image je pense. Je m’intéresse à beaucoup de sujets et je me plais à les retranscrire afin d’apporter mon point de vue à nos lecteurs. À force de suivre une thématique, on fini par avoir de belles analyses qu’on ne retrouve pas chez les autres ce qui apporte une valeur ajouté à nos articles.

Tes lecteurs sont très Millennials, quels sont leurs attentes en terme de contenu ?

Les 18-34 ans représentent 55% de nos visiteurs. Certains sont fidèles, d’autres arrivent par des points de contacts (carrousel Google, Flipboard, recherche Google) qui ne sont pas nos points de diffusions. Néanmoins, je pense que tous sont à la recherche d’un contenu agréable à lire qui n’est pas pompeux et qui leur apprend quelque chose.

Étant donné que nous sommes aussi dans cette tranche d’âge, nous avons pris l’habitude d’écrire des articles que l’on aurait plaisir à lire, simples et efficaces. Pour synthétiser leurs attentes, je pense qu’ils cherchent du contenu pas trop long lorsqu’il s’agit d’une actualité, avec de l’intelligence à emporter. Je parlais d’analyse tout à l’heure… c’est avec ça que notre lecteur doit pouvoir repartir.

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Quelles sont les tendances que tu observes dans l’univers des médias web ?

J’ai l’impression qu’on croise de plus en plus de vidéos diffusées sur les réseaux sociaux par les médias. Que ce soit des stories, ou des vidéos sur Twitter-YouTube-Facebook. Et plus on en voit, plus il y a des contenus très intéressants, super bien réalisés. Je pense que les moyens humains et techniques se sont adaptés à cette ‘mode’ et c’est tant mieux. Par exemple j’aime beaucoup ce que font Usbek & Rica, ou The Verge.

Au-delà de la vidéo, je crois qu’il y a une tendance naissante, aidée par la mise à jour des algorithmes, qui est de s’éloigner des contenus viraux pour consommer de la vraie information. L’impact des fake news sur les élections américaines, de même que celles en France pousse les internautes à fuir les contenus de faibles qualités pour des médias ‘fiables’.

Display, sponsoring… quelles sont selon toi les sources de monétisation les plus pertinentes ?

Les lecteurs fuient le display comme la peste. Les navigateurs, dont Google Chrome, vont masquer automatiquement celles qui ne respectent pas l'expérience de l’utilisateur. Nous avons décidé d’en mettre assez peu sur notre site et c’est tant mieux.

Les solutions de monétisation ne sont pas toujours simples à identifier car elles dépendent de vos lecteurs et des sujets de vous traitez. Dans notre cas, les articles sponsorisés sont intéressants car ils nous permettent de produire un contenu de qualité tout en étant rémunéré pour le faire. Je trouve que c’est une bonne solution.

Après, nous sommes un média jeune et n’avons pas encore le pouvoir d’attirer de grosses marques pour réaliser de belles séries de contenus. On doit donc miser sur nos compétences personnelles et proposer d’autres services comme de la formation, du conseil, ou des interventions en entreprise. Ce que l’on propose via notre société Shine Media !